Changer le cadre et les cadres

Publié le par Michael

"... Il est vrai que sans réforme des institutions rien ne sera possible.
Il est aussi vrai qu'une seule réforme institutionnelle ne serait pas garante de plus de liberté et de moins de bureaucratie.
Pour transformer le changement, il faut une rupture réelle:
de nouvelles institutions, des hommes neufs...
 
Quand Sarkozy se fait épauler par Méhaignerie en Bretagne, nous devons convenir que la rupture n'est plus qu'une image....Idem pour la gauche....
 
On prend les mêmes et on recommence....
Oui, mais jusqu'à quand ?
 
Jusqu'à ce que le fils de marin de la Trinité soit élu au second tour ?
 
En 2002, beaucoup ont déjà manifesté le ras le bol......
 
Que cherche-t-on ?
 
Mettre le peuple en colère et que le prochain titulaire du poste suprême connaisse la fin d'un Ceausescu ou d'un Hussein ?
 
Si on pousse les gens à perdre la raison, ils déraisonneront....
Et aucun pouvoir ne peut maîtriser l'inflation de la déraison quand elle elle devenue l'aliment quotidien d'un peuple qui a soif d'exister.
 
Soyons réalistes: modifier les institutions en profondeur, c'est mettre fin à de nombreux privilèges, c'est ruiner des castes, des familles entières installées au creux du pouvoir.
C'est faire ce que Calonne demandait à Louis XVI et que l'aristocratie et le clergé ont refusé.
 
Quand les puritains de la Nouvelle-Angleterre ont réclamé des libertés, ils se sont vite rendus compte de la faiblesse de leurs prières.
Ils sont devenus révolutionnaires et ont forgé leurs libertés avec leurs sabres.
 
Cette guerre dite d'indépendance n'était en réalité qu'une guerre civile, la première des deux qu'aura connu l'Amérique. C'était bel et bien la première guerre de sécession et la seule réussie.
 
Après la frustration, la peine et la résignation temporaire éclatera la colère. Elle est déjà là, en filigrane qui s'agite en tous endroits....
 
N'est-il donc pas possible de réformer ce pays en silence, dans le calme et la lucidité, par le dialogue et le concert des esprits ?
ou sommes nous condamnés à subir jusqu'à l'extrême ces avantages odieux et délétères, ces nuisances assassines qui font le lit de la révolte ?
 
La question qui se pose n'est pas de savoir qui sera président.
 
Elle est pourquoi veulent-ils être président ?
 
Si on me répond que c'est pour servir la France,
je n'accepte pas cette réponse.
Il faut beaucoup d'abnégation dans le service des autres.
J'en vois peu chez nos candidats.
J'y vois même l'opposé.
 
J'y décèle des intérêts particuliers,
des desseins clandestins,
des ambitions inavouables,
un égo incommensurable à la limite du pathos....
et tout ce non-dit in petto .....
 
Retour au logos: il nous faut des artisans de la confection politique,
des ouvriers-maîtres qui cisèlent et façonnent quotidiennement
ce qui encadre la vie publique.
 
Ils sont là. Ils existent. Ce ne sont pas des grands chefs d'entreprise
à la Pinault où à la Bolloré qui tirent profit et rente de la république bananière,
ce sont des gens du peuple, actifs, modestes, investis dans d'éprouvantes responsabilités.
 
Et le seul système d'organisation politique qui permette leur expression, pour le bénéfice de tous, c'est le fédéralisme.
 
Le fédéraliste ne croit pas à l'apparition soudaine d'un thaumaturge à l'occasion d'une élection présidentielle.Il n'est pas un adepte du culte de dulie.
 
Le fédéralisme considère le bélitre comme un prince.
 
Pourrons nous peser sur le futur élu ?
 
Souhaitons le. Mais que pouvons nous attendre de l'épigone de J Chirac ?
 
L'avenir nous le dira.. Mikael >>.
 

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