Assimilation

Publié le par Romain Jacoud

Plutôt que "Qu'en pensez-vous" pour attirer le lecteur. J'ai aimé l'article dont je ne suis pas l'auteur.

 

Humeurs stratégiques
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Numéros 234 - 235
février – mars 2007
Quand c'est urgent, il est déjà trop tard
Talleyrand

Citation invitée : "Pour un doigt, toute une main; pour une dent toute la g… ! La
sagesse des fortifs au temps des Apaches

LES TEMPS CHANGENT, IL SERAIT TEMPS D'EN TIRER LES CONSEQUENCES…

Des voitures, des autobus brûlent quasiment chaque jour, ici, là, n'importe où, au point
que la chose devenue si banale n'est plus qu'un élément du paysage le plus quotidien.
Mieux, ou pire encore, ces autodafés ne sont qu'un décor au milieu duquel se jouent
attaques, agressions et embuscades qui s'adressent aussi bien aux uniformes qu'aux
passants anonymes, sur fond de menaces de mort.

Complètement dépassés, citadins ou ruraux, nous assistons sans comprendre à ces
déchaînements de violence (de violences) auxquels nous cherchons d'impossibles
explications.

Et s'il n'y avait rien à comprendre ? Si, tout simplement –si l'on peut dire- un monde ne
serait-il pas en train de se créer de manière continue sous nos yeux, à nos portes ? Un
monde où la notion même de loi, serait-elle celle de la jungle, n'existerait pas. Un monde
qui ne pourrait nous paraître qu'étrange, sinon étranger, tant il se ferait et se déferait sur
des rapports éphémères, passagers, quasiment non reproductibles.

Et pourquoi pas ? Après tout, ce ne serait pas la première fois que nous naviguerions dans
l'absurde.

REGARDER ET VOIR

Tous les événements que nous sommes incapables de reclasser dans le fond commun des
savoirs sociaux ou sociétaux nous apparaissent finalement comme absurdes. Aussi, et
selon le regard que nous portons, c'est-à-dire selon les références auxquelles nous
faisons appel, une même notion peut nous paraître parfaitement familière ou
complètement absurde. Par exemple, selon la compréhension que nous avons de la notion
de mariage, celui d'une paire d'homosexuels, hommes ou femmes, nous paraîtra
parfaitement justifié… ou totalement absurde.

Notre lecture est encore plus compliquée dès lors que l'objet de notre regard est
complètement étranger à l'univers dans lequel nous évoluons. Ainsi, le comportement des
premiers astronautes, projetés dans un monde sans pesanteur, nous a paru (paraît sans
doute encore à la plupart d'entre nous) incompréhensible, sinon carrément absurde. Notre
méconnaissance ne peut s'appuyer sur une démarche "imaginative" pour que se lève notre
inadaptation sensorielle. Dans une situation de cet ordre, nous n'avons que deux attitudes
possibles : nous ignorons, c'est l'aveuglement ou nous acceptons de ne pas comprendre,
c'est-à-dire d'être dépassés. En deux mots, nous regardons mais nous ne voyons pas.

En fait, si nous nous donnons la peine de réfléchir à la nature du savoir, nous constatons
qu'un phénomène n'existe à nos yeux que dans la mesure où quelqu'un, quelque part, a
imaginé une théorie, un modèle, où il [ce phénomène] prend une réalité. Que pourrions-
nous dire en regardant tomber plusieurs pierres simultanément si Newton (ce nom
collectif) ne nous avait pas offert la théorie de la gravitation ? Pas grand chose, sans doute
!

Ainsi, s'il est possible de regarder sans voir, nul ne peut voir sans avoir regardé, tout en
ajoutant un "nous ne savons quoi" à ce regard initial. C'est dire que voir pour la "première
fois" est une démarche qui exige une extraordinaire imagination, une capacité de synthèse
admirable et, surtout, un don très particulier, celui de s'abstraire de l'environnement
actuel. Sans cette combinaison, il ne nous est pas possible de reconnaître que ce que nous
regardons n'appartient pas à notre univers et que son apparition repose sur une
fulgurance de l'imagination. Savoir accepter qu'un phénomène est incompréhensible, c'est
déjà faire un premier pas sur le chemin de la création. C'est aussi, le premier pas vers
l'autre, cet étranger, parfois plus étrange encore, dont la rencontre est une véritable
invention. Tout ce qui l'entoure est mystère, tout ce qui le constitue est inabordable car
ses clefs ne sont pas les nôtres et, nous les tendrait-il que nous ne saurions comment les
saisir.

C'est, sans doute, ce que nous appelons le génie. Cette capacité d'inventer de nouvelles
hypothèses, d'énoncer un nouveau modèle, d'inventer ainsi un autre monde que nous
jetons en pâture à la curiosité des chercheurs pour qu'ils en explorent toutes les
conséquences.

Mais la similitude entre les êtres et les choses, les phénomènes de la nature et les
manifestations de l'environnement n'est qu'apparente. A moins d'être animiste, personne
ne peut approcher de manière identique l'esprit et la matière. Si, en matière d'appréciation
la distance existe toujours entre regarder et voir, les conséquences qui en découlent sont
largement différentes selon que nous nous penchons sur une ethnie quelle qu'en soit
l'origine et notre éventuelle parenté ou que nous "voyons" apparaître un "état" des choses
jusqu'ici parfaitement inconnu.


UNE ESPÈCE INCONNUE

Revenons-en à notre propos initial, ce regard posé sur les banlieues qui nous étonne et
nous surprend par la violence que nous y observons. Commençons d'abord par examiner
les informations qui nous parviennent. Banlieues, vous avez dit banlieues, vous citez
quelques lieux particuliers, vous vous inquiétez… ou vous vous rassurez… en énonçant
quelques noms de lieux, saupoudrant ainsi le territoire de quelques abcès. Tout en
demeurant inquiets d'éventuelles "contaminations". Toujours dans le même ordre d'idées,
vous analysez la situation selon le registre classique d'explications (d'explications, surtout
pas d'interprétations) où un nombre limité d'agitateurs, en l'occurrence de voyous
asociaux font régner la terreur et entraînent dans leur sillage toute une population d'âge
tendre et des deux sexes dans des opérations véritablement criminelles, quasiment de
l'insurrection urbaine.

Cela dit, tout est dit. Avec une touchante unanimité, les uns s'inquiètent d'une répression
insuffisante et du laxisme des autorités, les autres dénoncent l'absence d'une politique
sociétale fondée sur l'école, la lutte contre le chômage, la socialisation des individus (autre
nom de l'assimilation sociale). Pourtant, ni les uns ni les autres ne semblent réaliser qu'ils
s'appuient sur les mêmes observations et le même regard, sur le même modèle. Ce
modèle est celui qui organise notre groupe et sans juger même de son adéquation à l'état
du monde, nous estimons qu'il est le seul. Tout état de choses qui paraît être différent ne
peut être qu'une déviance et le seul remède que nous envisageons est celui de rechercher
des comportements qui traiteront la réduction de la déviance.

C'est ainsi que tout un ensemble de mesures, une double panoplie de mesures même, font
constamment l'objet de propositions, voire de tentatives de mises en œuvre. Pour les uns,
il faudrait "déporter" ces meneurs qui créent le scandale et reprendre en mains les
"suivistes" de tout âge. Pour les autres, l'intervention d'une multitude de spécialistes,
éducateurs, psycholo-gues, sociologues et autres spécialistes de l'âme et du corps, le tout
dans un climat de crédits distribués en abondance, permettrait de reprendre peu à peu le
contrôle sociétal de cette population égarée.

La seule critique, mais elle est de taille, que ces attitudes contradictoires, issues pourtant
d'une même appréciation sociale, éveille, c'est que les mesures de diverses natures
qu'elles ont suscitées n'empêchent pas l'extension de l'épidémie. Ce qui étonne
l'observateur détaché des contingences sociéto-psyco-moralisatrices, c'est que personne
jusqu'ici (ou alors dans le secret de quelque cénacle confidentiel) ne semble avoir tenté
d'énoncer, juste comme ça dans le cadre d'un raisonnement par l'absurde, quelques
éléments qui pourraient constituer une autre grille de lecture. Au lieu de partir de nos
hypothèses traditionnelles d'ordre social, de justice, de déviance et de comportement
correct, pourquoi ne pas essayer d'imaginer que les comportements observés ne naissent
pas d'une opposition au monde que nous connaissons. Mais, bien plus simplement, qu'ils
sont la manifestation d'un autre ordre social dont nous ne parvenons pas encore à
discerner les tendances parce que notre regard s'obstine à se développer sur la base de
comparaisons.

Comment est-il encore possible de parler de cas particuliers de l'existence de quelques
éléments asociaux qui "pourrissent" une situation qui serait, en leur absence, contrôlable,
alors que sous nos yeux, dans les établissements les moins extrêmes, se développent des
opérations comme le "happy slapping" ? Combien d'enseignants de tous âges et de tous
sexes sont-ils chaque jour agressés ? Par une minorité de voyous peut-être ? Tant que
nous porterons sur ces phénomènes le regard des gendarmes et des voleurs de nos
enfances, la réalité qu'ils manifestent nous échappera. Comme nous échappe aujourd'hui
déjà ce qu'il y a de commun entre les incendies de poubelles, de voitures, les guets-apens
tendus aux pompiers et aux agents de la force publique, les attaques de véhicules de
transports en commun comme de voitures particulières, les mises à mort de passants
innocents et ces formes nouvelles où la brutalité et les violences s'exercent couramment
sans plus de raisons apparentes. Et cette énumération s'alourdit chaque jour davantage
car l'imagination libérée des contraintes socio-sociétales ne connaît pas de limites.

Mais supposons un instant que la morale sociale qui anime ces "exclus" de notre univers
repose sur l'ignorance totale, absolue et définitive de nos canons de comportement.
Attention, ignorance ne doit pas être pris dans le sens d'une inadaptation "cognitive" de
quelques règles. Non, il s'agirait plutôt d'un embryon de "civilisation" où l'ensemble des
"règles" qui nous organisent n'aurait aucune existence. Et, dans ces conditions, partant de
cette hypothèse, l'observation de ce monde inconnu ne pourrait-elle nous conduire à
repérer des répétitions de comportement, des démarches pratiquées par tous et toutes ?
Incompréhensibles à nos yeux, décrites comme des rites (l'autodafé des voitures et des
poubelles, par exemple) dans notre modèle ne pourraient-elles, peut-être, s'interpréter
autrement ?

Et si, par exemple, le refus d'une expression explicite des pulsions qui caractérise notre
société était devenu la règle de base d'une autre règle fondamentale créatrice du groupe ?
Qu'il y aurait, peut-être, une logique qui nous dépasse et où l'attaque de l'autre à coup de
battes de baseball, de barres de fer ou de pavés, jusqu'à ce que mort s'en suive soit l'acte
social élémentaire d'appar-tenance ? Une organisation où le ciment social ne serait pas le
travail, où la réussite ne s'exprimerait pas par une position dans l'échelle sociale selon nos
canons ?

Evidemment, quelques phrases jetées ne permettent pas de bâtir les caractères de cette
ethnie nouvelle, de son mode d'organisation, de ses lignes de développement et de son
devenir éventuel. Est-ce que, toujours dans le même ordre idées, notre société actuelle ne
nous paraît pas devenue brusquement fragile au point que nous ne puissions envisager
son déclin futur, voire sa disparition ? Dans ces conditions, est-ce que ce que nous
pouvons observer n'est pas ce que notre société moribonde invente pour matérialiser son
effacement ?

Dans le passé déjà, périodiquement même, nous avons pu observer des mouvements du
même ordre. Cependant; la vitalité manifestée par l'édifice social a permis au groupe de se
renouveler tout en gardant le contrôle de cette évolution rendue indispensable par les
heurts qui nous agitaient. Oh, ce ne fut jamais dans l'ordre et la sérénité. Les mesures
prises l'ont toujours été dans un climat de violence extrême et le sang a toujours coulé. Le
sang de tous. Aussi bien des contestataires, fussent-ils novateurs, que des conservateurs,
parfois loin d'être les fieffés réactionnaires dont ils nous ont laissé l'image.

Il semble qu'aujourd'hui, cette société en gestation, notre voisine et pourtant plus
lointaine que les mondes planétaires, ne puisse plus être réduite selon ces méthodes
"traditionnelles" où l'argument définitif s'évaluait en baïonnettes et en nombre de zouaves
et de dragons. Et surtout, pas d'hypocrisie, si nous ne recourons pas à ces méthodes
aujourd'hui considérées comme extrêmes, ce n'est pas par moralité mais parce que nous
sentons bien que nous en sommes devenus incapables. Nous avons assisté sans broncher
aux évènements du massacre entre tutsis et hutus, nous assistons toujours aussi calmes
aux événements d'Irak, du Darfour… et de bien d'autres, autant d'observations qui
devraient nous conduire à modérer. nos expressions d'indignation vertueuse.

Aussi, même les esprits les plus attachés à la mise en œuvre de programmes qui
permettraient, pensent-ils, à "réhabiliter" (rien que le choix du terme en dit long sur la
distance qui sépare ces groupes de la "société" dans laquelle nous nous échinons à les
réintégrer) sont obligés constater que les masses financières engagées ne conduisent qu'à
quelques rares succès qui se dissolvent dès lors que l'effort est relâché.

La Russie soviétique, aux premières années de la Révolution de 1917 avait dû faire face à
une situation du même type, encore qu'il faille se méfier des assimilations hâtives. Vue
avec un peu de recul, la situation décrite par le "pédagogue" Makarenko, présente
beaucoup de différences avec ce que nous pouvons observer de nos jours. Notamment, la
mobilité des membres des "gangs", leur indépendance de leur milieu d'origine et une
longue tradition de bandes de "hors-la-loi" qui écumaient villes et campagnes, auxquelles
les grands Tsars, Ivan le Terrible, Pierre le Grand, entre autres, s'étaient opposés à
plusieurs reprises.

N'empêche, les "lieux fermés", surveillés par l'Armée et timidement proposés par Mme
ROYAL, rappellent les colonies de jeunes réunies et financées par la Tchéka, gérées par
ces volontaires formés aussi bien par l'Armée que par le P.K.U.S qui ont, peu à peu, et avec
des fortunes diverses, ramené un nouvel état d'ordre. Ne perdons pas de vue, l'état des
lieux en ce temps, les exigences de l'Etat et, comme en Chine aujourd'hui, une certaine
rapidité d'exécution(s).


BON… ET ALORS ?

Cela dit, ces quelques remarques où nous aurons essayé de caractériser la situation
comme nous l'avait autre fois conseillé Franju, dans "Le sang des Bêtes", : "Sans plaisir et
sans haine… comme un garçon boucher…!!", devraient nous permettre de poser les
problèmes en fonction du type de solutions que nous pensons être "capables de mettre en
œuvre".

Même si le climat nous apparaît présenter tous les caractères de l'insurrection, serait-elle
larvée, sporadique, il ne faut pas s'y tromper, il ne s'agit en aucun cas d'un mouvement de
type révolutionnaire, contestataire en quoi que ce soit !

Oublions le modèle social dans lequel nous sommes plongés, oublions nos règles de
toutes sortes, morales, religieuses, philosophiques et civiques pour n'en plus conserver
que des données qui nous permettent, tant bien que mal, de vivre dans le même espace.
Cela fait, considérons alors, cette population qui va et vient, sans règle aucune même si
elle obéit de manière passagère à l'esprit d'un moment pour traverser des moments
collectifs : inoccupée, au sens que nous donnons à ce terme, sans attaches et sans
perspectives sociales autres que ludiques. De quoi se constituent les plaisirs qu'ils
recherchent, sinon qu'ils s'octroient ? De rodéos en voitures… prises, ci ou là, au hasard
des pulsions (des vols selon nos canons)… dont on se débarrasse dans de joyeux
autodafés, d'agressions vis-à-vis de passants égarés, de batailles entre groupes, de viols
seuls ou en réunions dans les caves, les locaux à poubelles ou autres lieux
convenablement propices et, la cerise sur le gâteau sans doute, l'attaque systématique,
préméditée, violente comme tous leurs comportements, des représentants de la paix
sociale, policiers, pompiers, conducteurs de bus, voire de métro ou de RER, et autres
travailleurs. Bref, de tout ce qui relève d'une pulsion à un moment donné et que nous
interdit l'existence d'un surmoi social, la peur du gendarme quoi !

Dans la mesure où la structure sociale n'a pas d'existence à leurs yeux, toutes leurs
actions sont incontestables. Quelles références, quelles limites sociales pourraient-elles
leur être opposées ?
Certes, nous ne pouvons assister sans réagir à ce délitement qui s'accélère et qui
commence à gagner les gestes les plus anodins, mettant de plus en plus en évidence un
comportement "d'indifférence au groupe" qui touche un nombre de plus en plus grand de
sociétaires… de l'âge le plus tendre (les récits récents de comportements à l'école
communale, voire à la maternelle) à celui d'adultes, sinon du quatrième âge. Nous serons
donc conduits à durcir la répression, c'est d'ailleurs déjà le cas.

Mais il paraît évident que cette démarche actuelle de l'Etat, et les choix auxquels elle
conduit sont largement limités par la radicalisation des pulsions. Aussi, la première
conséquence de cet "estrangement" qui nous sépare est d'accepter que nos références
n'ont plus cours. La sanction, sa valeur sociale éventuelle, exigent une accord serait-il
implicite entre la "victime" et le "bourreau". ,Dans l'état actuel des choses, ce lien social
essentiel est rompu, probablement définitivement. Il est donc inutile d'imaginer quelque
punition que ce soit. La rédemption est une valeur sociale, en l'absence de lien, elle n'est
plus qu'un mythe.

Il ne s'agit donc plus de punir mais de protéger les limites géographiques et sociales d'un
groupe en face d'un chaos. Hier encore, une bande de voyous a mis à sac une station de
sports d'hiver et blessé plusieurs touristes. Après quelques heures de garde à vue, ces
vandales ont été mis dans le TGV pour Paris ; ils seront ultérieurement convoqués devant
un juge. Un exemple typique d'inadéquation des réactions de la puissance publique qui
demeure dans le cycle vertueux de la transgression relevée et sujette à une gestion fondée
sur le "paiement social" de la faute, le tout dans un climat de rédemption.

Mais qu'aurait-il été possible de faire dans un cas pareil en rejetant les schémas
traditionnels ? La réponse paraît pourtant évidente :

• Relevé des dégâts en présence des voyous traités comme tels, menottés, niés en tant
que personnes sociales, brutalisés comme ils brutalisent les autres.
• Evaluation du montant des déprédations.
• Condamnation immédiate à la réparation matérielle de ces déprédations, sans états
d'âme et sans esprit de "punition" et ni climat de rédemption.
• Mise en œuvre toujours immédiate des décisions de justice.

Cela fait, privation simultanée des bénéfices divers que la Société accorde à ses membres
actifs. Dans la mesure où l'objet de l'intervention n'est pas la "mort du pêcheur", la
resocialisation éventuelle de ces individus peut-être envisagée. Le premier acte devrait en
être la création d'un contrat civil et social, signé par tout écolier d'abord, puis prolongé au
cours de la scolarité ou de l'apprentissage. Ce véritable passeport social définirait avec
précision, les devoirs relatifs des uns et des autres et envisagerait les restrictions que
pourraient entraîner la moindre déviance.

Une proposition un peu rapide, certes, mais qui a au moins la caractéristique
d'abandonner tout un fatras de vieilles lunes dans un climat complètement étranger à la
réalité observable. Ou bien, malgré leurs imperfections, les règles sociales qui nous
organisent nous permettent une vie commune acceptable et nous devons les faire
appliquer par tous, ou bien, nous acceptons le refus caractérisé de groupes de plus en
plus nombreux et nous nous préparons à subir la dissolution définitive de notre société.
En l'occurrence d'ailleurs, les "désobéissances civiques" et les revendications
communautaires sont aussi liberticides qui la négation sociale des manieurs de battes de
baseball. Elles devraient être gérées sur la même base du paiement cash et de la
réparation immédiate.

Bref, d'une manière claire et définitive, la mise en œuvre indiscutable d'un principe de
responsabilité individuelle : pas de transgression, serait-elle minime, sans que le prix
matériel n'en ait été évalué et réglé sur le champ.

Il ne s'agit pas tant de "vengeance", de punition, de rachat mais bien plus simplement de
la redécouverte du respect le plus élémentaire des membres de la communauté et des
installations socio-sociétales au sens le plus général.

Qu'en pensez-vous ?

Romain JACOUD


Humeurs stratégiques - imprimeur et directeur de la publication : Romain JACOUD
Dépôt légal à parution. ISSN 0981-2466. Abonnement annuel : France 639 Euros TTC
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