Eugénisme/euthanasie 6

Publié le par Gaudin

<<Je ne comprends pas bien où vous voulez en venir en citant ce témoignage qui va à l'encontre de vos théories...Pour le reste, il est clair que dans les deux cas qui ont défrayé la chronique (affaire Humbert et affaire de Saint Astier), il ne s'agissait pas de soulager les souffrances du patient, mais de hâter, voire de provoquer sa fin de vie. Le mot "tuerie volontaire permise" que vous utilisez a une connotation péjorative que vous utilisez à dessein ; mais il n'en demeure pas moins qu'il s'agit de mettre un terme à la vie du patient qui souffre (lui ou son entourage) et non de seulement soulager ses souffrances. Michel de Guibert>>

 

 

Je n'ai pas de théories ; je cherche des limites pour que les humains puissent agir au grand jour dans les cas extrêmes. Pierre Panis vit heureux nous dit-il. Pourquoi faudrait-il le tuer ?

 

La volonté du malade est à prendre en compte. Faisons-en une règle générale.

 

Quand le malade souffre sans espoir, est inconscient et n'a pas choisi du temps de son vivant, sa famille, ses proches et les médecins pourraient choisir à sa place. Ne m'objectez pas les familles intéressées. Les mourants riches sont minoritaires. La famille Empain, qui avait enterré le baron avant sa mort...c'est rare. Dimanche des Rameaux, c'est la fête. Amicalement.

 

PS : Tout est intimement mêlé : la souffrance du malade, son désir de vivre ou de mourir, l'espoir de guérison ou non, les possibilités de l'entourage, famille, personnel médical , proches...les affaires judiciaires Humbert et Saint Astier montrent que l'arsenal judiciaire est incomplet puisqu'un juge d'instruction a pu monter un dossier pour l'accusation. Il faut savoir dépénaliser avec des règles strictes. C'est ces règles dont nous avons débattues ici. G.

 

 

 

 

Vous cherchez des limites, dites-vous ; j'ai l'impression que vous cherchez à franchir des limites, et pour ma part je ne délivrerai pas de permis de tuer ni de droit au suicide assisté, et je préfère l'indulgence des tribunaux au cas par cas à la dépénalisation.

 

 

 

Michel de Guibert

 

Je recherche les limites pour qu'un juge d'instruction, un procureur (sensé représenter le peuple dans son accusation), puisse prendre la "bonne" décision et ne pas poursuivre quand les états pathologiques conduisent l'entourage à euthanasier le malade.

 

Les représentants du peuple, les jurés ont acquitté deux personnes, un médecin a eu une relaxe, un médecin a été condamné à un an avec sursis. Cette condamnation est inique pour moi après les témoignages de la famille.

 

On a fait un exemple, pas une décision de justice. Je recherche la justice. Demain vous, moi, d'autres pourront être recherchés et condamnés. Notre bonne foi n'est pas reconnue par la loi.

 

Je crois que nous sommes arrivés au bout de la discussion. J'aurais aimé que d'autres s'en mèlât pour profiter de leur sagesse. J'ai mis les échanges sur le blog : <<liberation.over-blog.net>>, sauf celle-ci et celle de ce matin. Amicalement. G.

 

 

La "bonne foi" n'est pas un argument suffisant pour tout justifier ! Je me rappelle Bernard Tapie qui avait "menti de bonne foi", comme il disait !

Non, soyons sérieux : il y a une objectivité des actes, et tuer, même avec de bonnes intentions et de bonne foi" demeure tuer...

C'est pourquoi j'ai trouvé juste la décision de justice qui a condamné le médecin qui avait donné la mort à un malade à Saint Astier ; la modicité de la peine et le sursis illustraient la prise en compte des bonnes intentions et des circonstances atténuantes, la condamnation de principe ayant le mérite de poser la limite à ne pas transgresser.

 

 

C'est là où nos limites, nos références divergent. Le Dr Astier ayant atteint ses limites, les limites de ses connaissances thérapeutiques ne peut plus soigner, soulager encore moins, guérir impossible et elle choisit d'arrêter les souffrances.

 

Nous avons, à mon sens un cas d'euthanasie, car je présume que contrairement à ce que vous avez avancé, les médecins évitent la souffrance en employant le chlorure de potassium. Ai été témoin d'un malade geignant vu à 9 heures inconscient sous morphine, la tension artérielle ne permettant plus la dialyse, euthanasié au chlorure de potassium et mort vers midi. Le visage était détendu, serein.

 

Pour en revenir au Dr Astier, elle a couvert l'infirmière avec beaucoup de courage et de panache à l'ancienne où le chef couvrait ses subordonnés. Je la crois innocente de la piqûre. Amicalement G.

 

 

 

Mais non, le Dr de la clinique de St Astier n'a pas choisi d'arrêter les souffrances de sa patiente, elle a choisi d'arrêter sa vie, ce qui n'est pas la même chose ! Le chlorure de potassium n'a aucun effet antalgique, mais provoque en injection intraveineuse directe des troubles cardiaques gravissimes entraînant la mort.

Si elle a atteint les limites de ses connaissances thérapeutiques sans avoir d'abord employé des morphiniques, c'est un problème de formation.

Oui, elle a eu raison de "couvrir" l'infirmière après coup, mais le vrai "panache à l'ancienne" aurait été de prendre toutes ses responsabilités au moment de faire la piqûre sans faire exécuter cette piqûre par une infirmière qui a dû vivre un difficile conflit de devoirs.

De fait l'infirmière a été relaxée, et pas le médecin ; c'est bien ainsi.

Cela dit, l'infirmière aurait pu faire valoir une objection de conscience ; c'eût été encore mieux !

 

Une partie des échanges n’a pas été enregistrée car je pensais m’arrêter là.

 

 

Voici une suite tronquée : <<

 

 

Cher Ami,

 

Vous jouez sur les mots en ne reconnaissant pas que la mort c'est l'arrêt des souffrances.

 

La mort est un don de Dieu. Nous sommes mortels pour que les souffrances s'arrêtent. La souffrance ôte la peur de la mort, on la réclame comme un bienfait dans les souffrances extrêmes. Dieu ne peut se réjouir des souffrances du monde. Il donne une porte de sortie. Il donne la vie, il donne la mort à travers ses créatures. Amicalement. G.

 

Je veux bien enregistrer ces échanges si vous le jugez utile.

 

 

 

Je pense au contraire que vous êtes dans la confusion la plus totale en continuant de ne pas faire la différence entre le soulagement des souffrances et l'acte de donner la mort. Je ne sais pas si l'on peut dire que la mort est un don de Dieu ; St Paul nous dit que le dernier ennemi que le Christ a mis sous ses pieds, c'est la mort... Mais il est vrai que, pour nous croyants, il y a une Vie après la mort... précisément parce que la mort n'a pas le dernier mot !Cordialement. Michel de Guibert

 

P.S. : Vous ne m'aviez pas dans un premier temps demandé mon autorisation pour mettre ces échanges sur le blog de "Libération", mais comme j'assume pleinement ce que je dis, vous pouvez continuer à le faire, là ou ailleurs, si vous le jugez utile.

 

 

 

J'accepte la confusion. Je suis même à penser que si j'avais mieux défini au début, la mort comme la fin des souffrances, notre débat aurait été beaucoup plus court.

 

 

 

Qu'est-ce que souffrir quelques heures, quelques jours, quelques semaines de plus apporterait à l'agonisant, à son entourage, au monde, à Dieu en plus ? 

 

 

 

Sur cette base je ne vois aucun mal à abréger les souffrances, alors que les prolonger ne me semble pas évangélique dans le sens de soulager son prochain. J'écrivais que le corps part par "petits bouts" et que les organes sains se révoltent dans la souffrance.

 

 

 

L'euthanasie ne frappe pas tout le corps, toute la personne mais seulement les organes qui résistent à la mort, alors qu'une partie de la personne n'a pu que l'accepter.

 

 

 

Je n'affirmerai pas que l'âme en voulant s'échapper cause la souffrance des organes qui résistent, qui la retiennent encore contre son gré pressée de rejoindre son Créateur...mais c'est tout comme.

 

 

 

Ce point de vue me conduit à condamner la médecine mécaniste, l'interchangeabilité des organes quand l'amour ne l'accompagne pas. G.

 

 

 

Publié dans liberation

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