Eug et euthanasie 9

Publié le par Jean-Jean

J'ai lu avec intérêts les échanges à propos de l'eugénisme et de l'euthanasie.

Je voudrais apporter quelques précisions, en particulier, à propos des enfants
handicapés mentaux.

Je pense que nous ne sommes qu'un mélange de ce que notre corps est et de la
façon dont les autres le perçoivent.

Ainsi, dans les performances mentales du mongolien, terme populaire pour
désigner les malades du syndrome de Down, ou trisomie 21, rares sont les
spécialistes à discriminer ce qui relève de la dite trisomie 21, c'est à dire
un corps plus ou moins imbécile donc une âme plus ou moins imbécile, pour le
dire étymologiquement, de ce qui relève des conséquences, dramatiques, de la
façon dont il est perçu : l'immense majorité des trisomiques 21 souffrent en
effet de psychose infantile lourde, au même titre que certains enfants
corporellement normaux mais éduqués dans des contextes familiaux difficiles.

La plupart des psychoses infantiles se forment lorsqu'il y a rupture de la
transmission de l'Histoire parentale. L'aspect physique monstrueux des
malades trisomiques empêche, en gros, non pas forcément la tendresse ou le
dévouement, mais l'inscription du petit dans une lignée : "Ce ne peut pas
être mon fils (ma fille)". Rien ne lui sera donc transmis, ce que les Etats
retranscrivent d'ailleurs fiscalement dans leurs législations. Et ce, quelles
que soient, en général, la façon dont les parents réagissent. J'ai pour eux
la plus grande compassion.

Involontairement en rupture de transmission, alors que sa maladie ne préjuge
pas de ses capacités à tisser des liens sociaux et à échanger, fût-ce de
manière frustre, le trisomique, tout comme l'orphelin à l'abandon, l'enfant
pathologiquement non-désiré (viol, inceste, j'en passe), son corps est là,
comme celui d'un petit d'une autre espèce, mais sa capacité sociale, faute
d'être activée par le lien fondamental de filiation, ne démarrera jamais et
le malade développera à coup sûr les symptômes comportementaux classiques de
la psychose infantile : angoisse (versant temporel) et/ou agressivité
(versant spatial).

Certaines familles confrontées à l'épreuve de l'enfant anormal réussissent à
ne pas casser le lien et à transmettre, au moins un minimum. Leur enfant
souffrira des handicaps liés à sa conditions physique et ses capacités
mentales, mais la psychose et ses effets épouvantables n'apparaîtront pas. Je
ne jette pas pour autant la pierre aux familles qui n'y arrivent pas. Elles
font ce qu'elles peuvent dans une situation terrible.

C'est dire que le constat de Gérard, même s'il est juste, sur la dangerosité
potentielle des mongoliens est plus complexe à analyser qu'il n'y parait à
première vue et que certaines solutions peuvent apparaître, du moins
théoriquement pour l'instant.

Encore ne faut-il pas non plus, dans la tentative de sympathie, c'est à dire
d'essayer de ressentir la souffrance de l'autre, confondre carence et
déterioration.

J'ai connu de véritables militants sourds, de naissance bien sûr, considérant
que la technique micro-chirurgicale développée dans les années 90 pour
réparer une surdité profonde chez les nouveaux-nés mettaient en péril le
nombre de pratiquants de la langue des signes, langue porteuse d'une
Weltanschauung sans doute très intéressante d'ailleurs (une pensée sans
contact avec le son !). Ils parlaient, scandalisés, d'un  véritable, j'avoue
que j'ai oublié le terme, truc-en-"cide". Phyllocide ? Anakoustocide ? Bref,
que leur répondre ? Ils n'ont pas forcémment tort: L'homme ne meurt pas noyé,
mais du fait d'être dépourvu de branchies.

Le mongolien, toute psychose infantile mise à part, souffre-t-il de ses
capacités intellectuelles limitées ? Il n'a rien connu d'autre. Il se meut
dans le monde d'une manière différente et probablement inférieure à celui
d'un humain normal. Mais cette différence est du même ordre que celle d'avec
la chauve-souris, qui se meut en lançant un signal inaudible pour nous et
dont l'écho est littéralement sa "vision". Et comment se meut-on quand on
dispose d'un organe de Jacobson ? Comment se meut-on dans le monde lorsque
l'on mesure 8 centimètres et que l'on peut voler ? Qu'est-ce qu'être un
salaud quand on est un chien ou un thon ? Qu'est que le bonheur, quand on
pèse 600 kilos et qu'on a des cornes ? (je fais allusions aux bovins :) )
Je n'en sais strictement rien.

Quoiqu'il en soit, la distinction entre carence et déterioration est
nécessaire, qui nous oblige à bien clarifier ce de quoi l'on cause, lorsque
l'on évoque l'eugénisme et l'euthanasie.

Ainsi, les politiques hygiénistes depuis la fin de l'âge classique européen,
et en particulier au XIXe siècle, sont du véritable eugénisme. Les dents,
ongles, os et peaux européens sont plus sains et vigoureux désormais; la
diversification de l'alimentation des Japonaises dans la deuxième moitié du
XXe siècle, leur a permis de passer du bonnet A en moyenne au bonnet C, ce
que de nombreux hommes dont je suis ne peuvent que se réjouir. Là est le
véritable eugénisme. On évite les carences, on favorise des modes de vie pour
rendre la race plus belle et plus saine.

De là à éliminer des créatures, ratées certes, je ne vous suivrais pas sur ce
point, cher Gérard. Et ce n'est finalement statistiquement pas nécessaire. Un
mongolien parmi 100 athlètes ne justifie pas plus les Apothètes que le
présumé autoritarisme d'un Saddam Hussein ne justifie le million de morts
iraquiens.

A un stade très précoce de la conception, pas encore embryon, si une anomalie
est détectable, ce à quoi nos bilogistes pourraient s'atteler si on leur
filait les crédits, je ne sais pas, peut-être, sans doute, faudrait-il se
poser la question d'empêcher un drame familial. Je crois que sur ce sujet,
des études en "sympathie", menées par des psychologues et des biologistes
seraient sans doute plus fructueuses que des déclarations de principe, comme
celle de l'église du Vatican, ou inversement celles de la canaille
bolchévique.

Il m'arrive de rater mes punchs. Je les bois quand même, en me demandant
comment éviter un tel ratage à l'avenir. (je précise qu'un punch macéré prend
entre 6 mois et deux ans de maturation)

Quant à l'euthanasie, de quoi parle-t-on ? De la volonté d'un Etat de
légiférer jusqu'à la mort même d'une personne ? Ou de prévenir des médecins
ou infirmières criminels de céder aux pressions des héritiers ? Le simple bon
sens s'appelle aujourd'hui soin palliatif, il n'est nul besoin de légiférer
là-dessus. Quant aux cas exceptionnels où la personne qui souhaite mourir ne
peut par handicap physique trop lourd se donner la mort elle-même, la
question est anedoctique et là encore un peu de bon sens suffirait. Je ne
m'étendrais pas, mais chacun peut s'imaginer comment soulager les souffrances
d'un proche volontaire et incurable.

Là où je veux en venir, c'est que je pense que ce "débat médiatique" sur
l'euthanasie - c'est à dire les ballons d'essais par les élites lancés au bon
peuple dans les merdias pour préparer le terrain sur la question- parce que
lancé depuis 10 ans très régulièrement- notez le bien- et systématiquement
présenté comme un débat sur un progrès possible, une preuve de modernité
obligatoire, révèle en fait un projet absolument monstrueux de la part des
psychopathes au pouvoir : la possibilité de meurtres de masse légaux suivie
probablement de la captation des biens des victimes ?

Relisons le Talmud...

Bien à vous,

Jean-Jean

PS: Désolé d'avoir été si long.
PPS: Le texte signé Pierre Panis est évidemment un faux. Tant du point de vue
stylistique, médical qu'informatique, le message est une fraude. La bonne
cause n'a pas besoin de tels procédés. 



Publié dans liberation

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