Gaulliste

Publié le par Gaudin

Cher Monsieur Donnadieu,
 
 
Au risque de provoquer la colère de tous les bien-pensants, permettez-moi de rappeler les faits. En un mois les troupes françaises avaient perdu cent mille hommes.
 
La Belgique avait capitulé, les Anglais avaient rembarqué, les civils, des soldats fuyaient sur les routes, plusieurs millions, les dirigeants bellicistes qui avaient poussé à la déclaration de guerre fuyaient de Bordeaux vers le Maroc.
 
Les députés avaient donné le pouvoir au Maréchal Pétain pour négocier un armistice avec l'Allemagne et l'Italie.
 
Le général De Gaulle que personne ne connaissait était le digne représentant de Paul Reynaud, l'homme de Churchill et Roosevelt à qui nous devions la déclaration de guerre que l'Allemagne ne voulait pas. Je vous renvoie aux journaux de fin août 1939 et aux articles de Geneviève Tabouis.
 
A votre place je ne me vanterai d'avoir été gaulliste en juin 1940 et d'avoir trahi le gouvernement légal.
 
Vous avez eu raison dès novembre 1942 quand les troupes allemandes ont envahi la Zone libre. Pas avant. Les circonstances vous ont donné raison. Vous n'y êtes pour rien.
 
Avant il fallait sauver la France en conservant l'union nationale derrière le Maréchal Pétain. Ce n'est pas parce que De Gaulle a gagné avec les Alliés que cela l'a grandi, sauf pour les thuriféraires intéressés.
En toute amitié, mais pour la Vérité. Gérard Gaudin.
 
 


       <<... Excusez-moi, cher Monsieur. Je n'ai pas précisé que je ne suis pas un gaulliste de parti. Mon âge m'a permis, militaire en 40, d'être gaulliste dès l'appel du 18 juin 40, de participer à la résistance, de travailler comme officier du BCRA , en France et ailleurs, et de me trouver en Indochine avec d'Argenlieu et Leclerc. Le Général était "le patron" et il l'est resté. Quand vous dites "les gaullistes", je pense d'abord - à tort - à ceux qui ont vécu cette aventure et vous m'accorderez qu'ils ne sont plus très nombreux parmi les électeurs d'aujourd'hui. J'apprécie ce que vous faites et vous en félicite. Ceci ne change pas, il me semble, le sens de ma réponse sur le voyage de Sarkosy à Colombey.Très cordialement . Jean Léon Donnadieu>>.

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